lundi 10 novembre 2008
Blogueurs et pratiques de veille : Emilie Ogez
Aujourd'hui je suis en présence de l'une des plus actives blogueuses en France dans le monde des TIC et du web 2.0, Emilie Ogez.
- On commence par une petite présentation ?
Je suis responsable Marketing & Communication chez XWiki, une start-up qui édite des solutions de collaboration professionnelles basées sur le wiki. Je suis également une Exploratrice du Web et blogueuse sur différentes thématiques.
- Pourquoi fais-tu de la veille ?
Je fais de la veille pour trois raisons principales :
1)
dans le cadre de mon poste de responsable Marketing & Communication
chez XWiki pour connaître le marché et voir quelles sont les pratiques
et stratégies marketing ;
2) dans le cadre de mon activité de bloggingr ;
3) par curiosité et passion : j'aime découvrir, explorer, tester (mais ce que j'aime le plus c'est de partager).
- Peux tu nous décrire tes pratiques de veille ?
Je ferais la différence entre mes sources d'informations :
-
des alertes Google : beaucoup de bruit mais aussi quelques perles. Elle
complètent bien, je trouve, les informations que je glane via les
autres sources d'information que je consulte. Je fais le tri
généralement assez vite ;
- les blogs que je lis ;
- les listes de diffusion dont je suis membre : veille, carto-infos, HotDoc, etc.
- les lettres d'information auxquelles je suis abonnée: Sociétés de l'information, Thot-Cursus, liens-socio, etc. ;
- du surf sur le Web (vive la sérendipité) : quand je peux.;
-
les informations reçues de mes contacts personnels et professionnels :
il y a ceux qui m'envoient des messages en se disant que ça peut
m'intéresser et les autres qui souhaitent tout simplement amener à ma
connaissance un projet, la création d'un site, etc. Le mail, Skype ou
MSN font en général l'affaire pour ce type d'échanges ;
- les communautés nombreuses et variées : hubs Viadeo, groupes Facebook, etc.
-
les outils de micro-blogging : je ne pensais pas il y a quelques mois
que j'aimerais ce type d'outils. On y trouve une foule d'informations
phénoménale.
Je n'oublie bien sûr pas les colloques, les déjeuners, etc., qui sont également essentiels.
Et la manière dont je m'organise pour faire cette veille :
Il
y a le recueil des informations, leur sélection, leur analyse et leur
synthèse puis leur diffusion (ou pas selon les informations dont il
s'agit). Je ne diffuse pas tout ce que je lis. C'est impossible. Je
commence par les survoler et les sélectionner, puis je les lis plus
attentivement et ensuite je les diffuse via différents vecteurs de
communication (sur mes blogs, à mes contacts, dans des groupes, etc.).
Au coeur de cette activité de veille, on trouve le moteur de recherche Google.
- Combien d'heures consacres tu à la veille par semaine (en moyenne) ?
J'y consacre concrètement plusieurs heures par semaine (entre 15 et 20 heures) mais ça peut être beaucoup plus. En effet, je suis «connectée» toute la journée et forcément, on fait souvent de la veille sans s'en apercevoir.
- Quelles sont les difficultés que tu rencontres lors de tes veilles ?
Sans conteste, la surabondance d'informations et la gestion du temps.
- Quelles solutions as tu mis en place pour les contourner ?
Pour l'infobésité, j'utilise quelques outils qui simplifient la vie :
- un aggrégateur de flux (comme beaucoup, rien d'original). Je suis personnellement sur Netvibes.
- les liens qui me semblent intéressants sont en général compilés dans mon espace Mister Wong.
- je vais sur Friendfeed au moins 3 ou 4 fois par semaine pour voir ce qui s'est dit dans mon réseau de contacts.
- j'ai installé TweetDeck pour suivre les tweets de mes «amis».
-
j'utilise Wikio également lorsque j'aborde un sujet : le site me donne
une vision à un instant donné de ce qui se dit sur tel ou tel
événement, etc.
Pour la gestion du temps :
J'ai décidé
d'arrêter de dormir. Je plaisante bien sûr... Le plus dur, c'est de ne
pas se laisse disperser. Donc, dans la mesure du possible, j'essaye de
ne faire de la veille, de voir ce qui se passe ailleurs que deux ou
trois fois dans la journée, et non pas dès que je reçois une
information.
Ceci étant, je ne crois pas qu'il y ait de solutions miracle. On ne peut pas tout voir, tout savoir... Il faut se faire une raison. Attention, je ne suis pas non plus fataliste ! En outre, je crois qu'aujourd'hui on est plus dans le filtrage d'informations que dans le stockage.
- Selon toi, pourquoi la veille est nécessaire à l'heure des médias sociaux : 1/ pour les individus 2/pour les entreprises 3/ pour l'Etat
Pour les individus
Internet offre la possibilité à tout à chacun de se faire sa propre opinion à partir d'une masse d'informations à laquelle il peut contribuer. Il peut être informé plus rapidement, sur une multitude de sujets... qu'il s'agisse d'actualités ou pas. Il n'y a plus seulement les canaux classiques (journaux, radio et télévision) et une seule et unique information qui peut s'avérer biaisée. C'est quelque chose qui n'existait pas auparavant et ça serait dommage de s'en priver. Cependant, il faut savoir prendre du recul par rapport tout ce qu'on peut lire sur le Web ; comme dit le dicton, «il faut en prendre et en laisser». Je crois que l'intérêt aujourd'hui, c'est de multiplier et combiner plusieurs sources d'informations issues de différents canaux.
Pour les entreprises
C'est indispensable pour ne pas dire vital. La concurrence, la mondialisation de l'économie, la rapidité des évolutions technologiques font que l'entreprise doit intégrer l'information comme un paramètre de gestion. Toute entreprise souhaitant continuer à prospérer, à évoluer, à offrir les meilleurs services à ses clients se doit de faire de la veille. Comment s'adapter, être réactif, pro-actif, et rebondir sinon ? Au-delà de ça, faire de la veille c'est aussi un moyen de surveiller sa réputation, ce qui se dit sur l'entreprise, les produits qu'elle offre, etc.
Le veille est finalement au service de la stratégie d'entreprise.
Pour l'Etat
Pour l'Etat, la veille remplit plusieurs objectifs :
-
avoir une vue suffisamment large sur les marchés, l'économie, la
situation des citoyens et organisations, les tendances (environnement,
etc.), etc. afin de proposer des démarches pertinentes ;
- connaître l'opinion des citoyens, des organisations, etc. directement touchés par les mesures qui sont prises ;
- surveiller l'image de l'Etat, de ses administrés (le président, les ministres, etc.).
- Des prédictions pour 2009 ?
Je n'aime pas trop faire de prédictions mais allons-y :
- une recrudescence d'intérêt pour le micro-blogging ;
-
le développement de services et applications hybrides : jeux vidéos et
réseaux sociaux, mondes virtuels et réseaux sociaux, etc. ;
- une montée en puissance des applications «mobiles» ;
-
au niveau de l'entreprise 2.0, je ne pense pas que ça changera beaucoup
par rapport à 2008 : ça va continuer à avancer mais sans plus ;
- vers plus d'inter-connections entre le virtuel et le réel.






