vendredi 19 septembre 2008
Blogueurs et pratiques de veille
Je lance une nouvelle série de billets sous forme d'interview de certains blogueurs connus dans le monde des TIC, marketing, web 2...concernant leurs pratiques en matière de veille. La première personne que j'aurais le plaisir de vous présenter aujourd'hui est quelqu'un que j'estime et j'apprécie beaucoup. Quelqu'un qui a de la passion pour son métier et qui a su se démarquer par sa transparence et sa force de caractère. Il s'agit de Michelle BLANC, l'un de mes premiers lecteurs canadiens, et qui a été le tremplin vers le public canadien pour ce blog. Je vous laisse donc avec cet échange et je remercie Michelle pour sa sympathie et pour avoir accepté de participer à ce jeu ;-)
On commence par une petite présentation ?
Michelle Blanc est
l’une des premières titulaires de la M.Sc. Commerce électronique, avec
une spécialisation en gestion, au Canada. Madame Blanc a de nombreuses
publications scientifiques, de recherches, didactiques et de
vulgarisation en plus d’animer le blogue michelleblanc.com qui est l’un
des coups de cœur de la prestigieuse revue de marketing française
Strategies.fr et son blogue est classé comme l’un des plus influents
blogue techno francophone mondial selon plusieurs sources. Elle est
aussi coauteure de Pourquoi Bloguer dans un contexte d’affaires a aussi
été impliquée dans de nombreux mandats d’analyses, de stratégies et de
conseil de gestion et de marketing Internet dans un grand éventail de
secteurs industriels. Mme. Blanc a prodiguée ses conseils stratégiques
et analyses, aussi bien pour des entreprises Fortune 500, que des PME
ou organisation gouvernementale ou associative au Canada et à
l’étranger. Elle fait d’ailleurs partie du groupe des 50 experts
canadiens consultés par Industrie Canada afin de déterminer les
objectifs et politiques du gouvernement du Canada en matière d’économie
numérique pour le marché intérieur ou pour la position canadienne aux
forums internationaux comme l’OCDE. À titre de conférencière, madame
Blanc a débuté son parcours à l’illustre Council on e-business
innovation du Conference Board of Canada et as par la suite fait de
nombreuses conférences ici et ailleurs.
Madame Blanc est aussi la
cofondatrice et présidente de Yulbiz.org, groupe de gens d’affaires qui
s’intéressent aux blogues et de blogueurs qui s’intéressent aux
affaires. Deux ans après sa création, Yulbiz est déjà dans 5 pays.
Pourquoi faites vous de la veille ?
Je fais de la veille afin de savoir et de comprendre qu’elles seront les tendances technologiques, marketing et communicationnelles qui apporteront des bénéfices d’affaires à mes clients.
Pouvez vous nous décrire vos pratiques de veille ?
Je lis les blogues, les magazines spécialisés et j’utilise de plus en plus Twitter comme source d’informations pertinentes.
Combien d'heures consacrez vous à la veille par semaine (en moyenne) ?
Je fais de la veille 5 heures par semaine pour mon blogue et plusieurs heures additionnelles qui sont payés par mes clients et ces heures varient en fonction des mandats qui me sont octroyés.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de vos veilles ?
Avec l’expérience et la connaissance des outils et des corpus, je n’ai pas de difficultés particulières étant donné que je suis rapidement capable de juger de la pertinence de mes sources.
Quelles solutions avez vous mis en place pour les contourner ?
Grâce à des outils comme Technorati ou Wikio qui permettent de visualiser rapidement l’influence d’un blogue, je n’ai pas de difficulté particulière à évaluer la pertinence.
Selon vous,
pourquoi la veille est nécessaire à l'heure des médias sociaux : 1/
pour les individus 2/pour les entreprises 3/ pour l'Etat
La
veille est nécessaire pour les individus puisqu’ils doivent « contrôler
» leur image personnelle sur le web parce que de plus en plus
d’employeurs visiteront leurs divers profils afin de décider de les
embaucher ou de leur donner (ou non) une promotion. Pour les
entreprises, la veille permet d’acquérir une avance concurrentielle sur
la compétition, permet de savoir quels sont les innovations
susceptibles d’accroître les bénéfices, augmenter la satisfaction
client ou de baisser les coûts. De plus, les entreprises se doivent de
suivre les conversations à leur propos (brand monitoring) afin
d’améliorer les lacunes que leurs services ou produits peuvent avoir et
d’instaurer un dialogue avec les clients, dialogue qui peut déjà avoir
lieu à des endroits divers de la toile.
Pour les gouvernements, la question de la démocratie en ligne devient de plus en plus importante. On se rend compte aussi à quel point aux USA ou en France le marketing politique se fait de plus en plus en ligne. La veille, dans ces circonstances, deviens un outil essentiel d’appréhension des changements et de mise à jour des politiques gouvernementales. Par exemple, dans la rédaction des lois nationales, il devient de plus en plus pertinent de comprendre les mouvances technologiques et sociologiques qui existent sur le Web, afin de rédiger des lois qui seront efficaces et qui prendront en compte les réalités numériques qui peuvent être très différentes des réalités physiques. L’économie numérique a aussi ses propres contraintes qui divergent avec celles des économies traditionnelles. Il est donc important pour les instances gouvernementales de comprendre et de s’ajuster à ces réalités. Finalement, dans l’aspect service aux citoyens, les gouvernements ont des économies d’échelles importantes à faire s’ils arrivent à numériser leurs prestations aux citoyens. Ils se doivent donc d’en comprendre les mécanismes efficaces…
Des prédictions pour 2009 ?
L’entrée massive des jeunes de la génération Net va changer radicalement les manières de gérer les TI dans les entreprises. Ces jeunes ont l’habitude de l’informatique personnelle qui est beaucoup plus en avance que l’informatique d’affaires et ils vont exiger d’avoir accès aux outils qu’ils connaissent (pensons à Skype, Facebook, blogue, chat, etc.). Twitter est aussi un outil qui m’excite beaucoup. Ce n’est pas encore un outil qui est utilisé par la masse, mais les utilisateurs précoces qui y sont déjà, sont les « supergeek » qui sont aussi les blogueurs influents et se retrouvent dans le 2e groupe le plus influent du Web, après les médias traditionnels. Il est donc impératif de comprendre de quoi ils discutent entre eux et de débuter un dialogue avec eux. Ce dialogue pourra se retrouver dans leurs blogues pour être ensuite repris intégralement par les médias traditionnels.
Commentaires
Censure :-)
>> Grâce à des outils comme Technorati ou Wikio qui permettent de visualiser rapidement l’influence d’un blogue, je n’ai pas de difficulté particulière à évaluer la pertinence. <<
Euh ... vraiment ? Juste avec ça ?
Déjà, les nouveaux blogs, les blogs qui émergent, les blogs ultra-spécialisés, ne sont pas suivis par Wikio. Ni par Technorati. Je blogue depuis 2004, je suis n° 3 de mon secteur et je ne suis pas dans Technorati. Je suis dans Wikio, mais j'ai mis du temps pour y être. J'ai carrément demandé mon admission :-)
Conclusion : Michelle Blanc ne nous donne pas tous ses trucs. No problemo, c'est de bonne guerre.
en réponse
C'est vrai que c'est un résumé et pas un cours de veille de trois heures que je donne aussi à l'occasion. Je ne voulais pas écrire trois pages et expliqu8er par exemple, comment avec une requête dans Yahoo on peut savoir le nombre de backlinks d'un site et évaluer aon influence. Il y a des contraintes d'espaces et de temps parfois...
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