vendredi 24 février 2006
Blogs et veille pédagogique
Jean-Paul Pinte, nous retrace un parcours de son expérience en veille pédagogique, et comment les blogs peuvent être exploités dans une démarche de veille pédagogique, notamment pour la conduite de projets. Sa malette de veille recense plusieurs sources et outils de veille et de recherche d'informations, mais elle manque un peu d'air frais ! Il présente aussi une sélection de réalisations faites par des étudiants, que je salue aussi pour leurs travaux, et qui m'ont sollicité aussi pour un coup de main !
De l'utilité des déjeuners d'affaire
Robert Guillaumot fait son entrée sur Le Blog de L'Intelligence Economique dont j'ai parlé ici, et ce par une courte réflexion sur l'utilité des déjeuners d'affaires, et par la même sur l'outsourcing et ses impacts d'un point de vue "intelligence économique". J'attendrais patiemment un autre article sur les salons et forums.
L'intelligence économique en France balance entre "naïveté" et "paranoïa". Interview de Jean-François PEPIN (CIGREF)
Voici l'interview de Jean-François Pépin*, Délégué Général au CIGREF et membre de l'Académie de l'Intelligence Economique, que je remercie pour avoir accepter de la conduire par mail. Tous vos retours sont les bienvenus.
- Le rôle que jouent le SI humain et
informatique dans une démarche d'IE
La compétitivité des firmes dépend de leurs capacités à coordonner de manière efficace des processus transversaux. Cette nécessaire coordination oblige le système d’information à tout mettre en œuvre pour protéger les données, mais aussi pour récupérer, stocker, traiter, et diffuser à bon escient l’information, fondement du savoir et de la connaissance de l’entreprise.
Pour permettre une gestion optimale de la connaissance, elles doivent s’appuyer sur une infrastructure informationnelle dont les systèmes d’information constituent la clé de voûte. Cette architecture transversale facilite le management global de l’information et par essence même l’implémentation du concept d’Intelligence Economique au sein de toutes les entreprises.
Le système d’information (SI),
véritable système nerveux de l’entreprise, constitue l’axe central autour
duquel s’articule en temps réel « la gouverne » du lien
« stratégie - structure ». Grâce à leurs performances techniques et
leurs ramifications transversales, ils peuvent radicalement accélérer le
développement d’une culture collective et collaborative de l’information.
Le SI permet à l’entreprise d’optimiser ses modes de fonctionnement en fournissant aux différents acteurs concernés, les outils de coordination entre les tâches des diverses unités de l’organisation. Cette « coordination horizontale » s’explique de trois façons : - chaque objectif ne peut être totalement isolé des autres ;- chaque information prise en compte pour un projet peut intéresser une ou plusieurs entités ; - et chaque équipe a besoin des connaissances acquises par l’ensemble de l’entreprise.
Responsable des systèmes d’information, le DSI joue un rôle essentiel pour lancer de tels projets. Il est un facilitateur des démarches menées au sein de la firme. Il les instrumente, aide à leur mise en place, les coordonne et participe ainsi à la mise en relation des différents acteurs. Véritable architecte des flux informationnels, sa connaissance des projets transverses lui confère une légitimité pour développer une structure globale d’information. Le CIGREF a publié 3 rapports sur ce thème ; ils sont consultables gratuitement sur
http://www.cigref.fr/cigref/livelink.exe?func=ll&objId=527414&objAction=ViewNews
- Comment voyez vous l'Intelligence
économique à l'heure actuelle en France?
10 ans après
la publication du Rapport Martre, 3 ans après celui rédigé par le Député
Bernard Carayon l’Intelligence économique est aujourd’hui clairement
positionnée comme « une vraie et
grande politique publique de l’Etat à l’instar de ce que sont les
politiques de santé, d’environnement ou de fiscalité ».
Cette
politique publique se caractérise en France par :
- Une politique offensive de compétitivité qui favorise la recherche et
permet l'accompagnement des entreprises dans la conquête de marchés mondiaux ;
accompagnement par l'identification commune d'enjeux stratégiques et la
mutualisation des expertises et des informations publiques et privées ;
- Une politique défensive de sécurité économique qui protège le
périmètre stratégique de l'économie nationale ;
- Une politique d'influence, notamment auprès des
organismes où s'élaborent les normes qui règlent la vie économique.
Cette
politique publique reconnaît le déplacement des responsabilités qui s’opère
entre toutes les parties prenantes, tant au
niveau de l’Etat et des territoires qu’au niveau des entreprises.
- Voyez vous que les PME/PMI sont encore loin d'être impliquées et sensibles à
l'apport de l'IE. - Quelles solutions, quels conseils vous pouvez leur donner ?
La capacité à comprendre son environnement et à anticiper les changements constitue, dorénavant, le facteur-clé de la productivité et de la croissance de toute entreprise quelque soit sa taille.
C’est la raison pour laquelle le CIGREF s’associe à toute initiative en direction des entreprises à fort potentiel de croissance. A titre d’exemple, nous sommes partenaires du MEMENTO du cycle du renseignement économique à usage des PME/PMI : (http://www.cigref.fr/cigref/livelink.exe?func=ll&objId=610724&objAction=ViewNews).
Par ailleurs, la multiplication des informations, des compétences et des savoirs nécessaires pour résoudre des problèmes de plus en plus complexes, exige une coordination étroite entre les différentes parties concernées. Cette exigence est désormais rendue possible grâce à l’interactivité de logiciels de plus en plus efficients, de matériels de plus en plus puissants et de réseaux de télécommunications à hauts débits.
C’est
la raison pour laquelle nous nous apprêtons également à publier début mars un
« Guide de recensement des outils
de collecte, de traitement et de visualisation
de l’information » afin de porter à la connaissance des Dirigeants un
document de synthèse, fruit d'une étroite collaboration avec la mission du Haut
responsable à l'Intelligence Economique et la DCSSI au Secrétariat Général de
la Défense Nationale.
- La solution "tout technologique" est-elle suffisante pour réussir
une démarche d'IE, quels sont alors les facteurs clés de succès d'une telle
démarche?
L’intelligence Economique d’Entreprise ne se limite pas à une simple action de veille environnementale ; Véritable système destiné à optimiser en continu l’état d’information (interne et externe) de l’entreprise, elle s’impose de fait comme un puissant levier au service du management stratégique et de la gouvernance compétitive des organisations, capable d’amener toutes les parties prenantes non seulement à se préparer à des changements attendus (préactivité) mais surtout à leur permettre d’influencer (avec intégrité) leurs environnements (proactivité).
- Quels sont les obstacles au développement de l'IE en France?
En France, le débat autour de l’Intelligence Economique d’Entreprise, balance souvent autour de deux injonctions paradoxales : « naïveté » ou « paranoïa ». La première traduit un excès de confiance tandis que la seconde entraîne une surestimation démesurée des risques face à une même réalité : celle des enjeux du nouvel écosystème mondial au sein duquel les entreprises françaises tentent de s’acclimater pour survivre.
Entre ces deux notions, se trouve certainement le cliquet de ce qu’il faudra bien appeler dorénavant : une faute managériale !
Pour éviter cette dernière, qui consisterait à sous-estimer les irréversibles mutations de l’environnement économique, le dirigeant doit certes s’autoriser un nouveau regard, mais aussi mobiliser de nouvelles compétences et adopter des pratiques managériales mieux adaptées à ce nouvel écosystème résultat d’environnements fragmentés et incertains.
- Comment voyez vous le futur de l'IE en France?
Depuis le début de ce siècle, le management des organisations, dans un contexte mondialisé, a replacé les savoirs à la source de la création de valeur. Dès lors que cet actif immatériel devient le facteur essentiel d’avantages concurrentiels pour l’entreprise, il peut également s’avérer être un redoutable vecteur de menaces et un non moins redoutable instrument de dépendance.
Au sein des entreprises, les enjeux majeurs reposent très largement sur de nouvelles ressources intangibles liées à la capacité d’innovation et à la maîtrise de compétences stratégiques telles que la gestion de la connaissance, sa mobilisation rapide dans les processus de production et la coopération volontaire entre les acteurs économiques. C’est tout l’enjeu de l’Intelligence Economique d’Entreprise.
Si l’Intelligence Economique d’Entreprise fait encore débat aujourd’hui dans la sphère managériale, agitant quelques rites, mythes et tabous bien ancrés, gageons que demain elle imprégnera toute entreprise, sans plus de bruit qu’un souffle naturel.
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Jean-François PEPIN
Délégué Général CIGREF
Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises
www.cigref.fr
Président du Cercle IE du CPA
Centre de Perfectionnement aux Affaires - Executive MBA d'HEC
Chargé d'Enseignement à IAE de Paris et Université René Descartes (Paris V)
Membre Permanent de l'Académie d'Intelligence Economique






